image-profil

Édito

Dans mes livres je cherche à décrypter la société contemporaine en restant à une prudente distance de l’actualité. Dans le blog je tente au contraire de réfléchir à haute voix sur le quotidien, sur ce présent sans précédent qui advient. J’essaye aussi de modestement pratiquer une liberté de pensée détachée de la mauvaise foi des bonnes intentions, et débarrassée des poncifs idéologiques. Comme le recommandait un jour Michel Onfray, il s’agit d’un essai pour « rendre la raison populaire » selon l’expression de Diderot.

Le transhumanisme à l’attaque. le 11 novembre 2017

Dans la lignée des prédictions des Kurzweil, Leally, Bocanegra et autres partisans de la « Singularity », le récent livre du Dr Laurent Alexandre (La Guerre des Intelligences) est passionnant. Cependant il reflète une vision du monde qui me semble erronée, monde qu’heureusement je ne connaîtrai pas. La puissance exponentielle des calculateurs et leur capacité à traiter des milliards de données en quelques clics, est un fait qui révolutionne notre monde et même notre façon de travailler et d’agir. Mais la faille réside dans le pari qu’il fait que l’I.A. supplantera dans un avenir relativement proche l’intelligence humaine (dès 2045 selon Kurzweil) et qu’il annonce qu’à brève échéance nos cerveaux ne seront plus finalement que des supplétifs de l’intelligence artificielle, c’est-à-dire de l’I.A. (p.52). Dès lors il envisage la nécessité pour nos enfants ou petits- enfants de recevoir des implants cérébraux, de doper leur Q.I. in utero ou encore de procéder à des tris sélectifs des humains, entre autres joyeusetés. Malgré tout, les transhumanistes sont encore humains et donc sujets aux erreurs d’appréciation : si «l’intelligence est la capacité à saisir une chose par la pensée» (Larousse) et correspond à «un cablage neuronal», ce n’est pas cette mécanique qui a permis à Praxitèle, Van Gogh, Monet, Miro, et autres grands artistes ou poètes de créer ces œuvres qui continuent à éblouir, émouvoir, émerveiller au-delà des siècles. L’homme est certes intelligence, mais aussi « anima », c’est-à-dire esprit, intuition, sensibilité. C’est cet « anima » qui permet de compatir, de souffrir, d’avoir envie de vivre ou même de mourir pour quelque chose de plus grand que soi. C’est «l’anima» qui permet l’amour, la solidarité, la création de l’œuvre d’art, en bref qui rejette l’idée d’un monde purement mécanique et froid. J’ai déjà mentionné (cf. L’humanisme reste-t-il un concept d’actualité ?) la révolution annoncée par Heidegger rappelant la primauté de l’essence de l’homme, c’est-à-dire la primauté de cet «anima» qui est le propre de l’homme, être certes imparfait, avec ses multiples limites, mais capable de s’adapter à tous les imprévus, et de créer la poésie, la beauté, l’amour, la transmission, bref la vie.

Accéder à la page de l'article

A propos du harcèlement sexuel le 6 novembre 2017

Les affaires de dénonciation du harcèlement sexuel relèvent certes du scandale, mais aussi d’une forme d’hystérie qui cache la réalité de la femme, de sa liberté, de son autonomie, de sa dignité, de sa fragilité parfois. La femme n’est pas le deuxième sexe comme le déclarait Simone de Beauvoir, mais pour trop d’hommes le sexe […]

Lire la suite de l'article

Crise en Espagne et Catalogne le 16 octobre 2017

J’avais arrêté mes blogs. Certains m’ont interpellé pour les reprendre. Ce que je fais donc aujourd’hui. En commençant par la Catalogne qui me semble un cas exemplaire. Il ne s’agit nullement de stigmatiser les récriminations des catalans, partie prenante du Royaume d’Espagne depuis leur appartenance d’abord au Royaume d’Aragon (au 12ème siècle) puis au royaume […]

Lire la suite de l'article